Article écrit en collaboration avec le Dr Christine Lévêque
(Chirurgien Gynécologue et Mammaire, spécialisée en chirurgie pelvienne, endométriose et expertise en douleur pelvi périnéale)

Qu’est-ce qu’un prolapsus ?
Le prolapsus — appelé aussi descente d’organe — désigne la descente d’un ou plusieurs organes pelviens à travers le vagin. Vessie, utérus ou rectum peuvent être concernés, seuls ou ensemble, lorsque les muscles et ligaments qui les maintiennent en place s’affaiblissent.
C’est l’une des pathologies gynécologiques les plus fréquentes : 1 femme sur 2 ayant accouché présente un prolapsus à l’examen clinique. Pourtant, beaucoup ne l’évoquent jamais à leur médecin — par honte, par résignation, ou parce qu’elles pensent que c’est inévitable après la maternité ou avec l’âge.
Ce n’est ni inévitable, ni une fatalité.
Les différents types de prolapsus
Selon l’organe concerné, on distingue :
- La cystocèle : descente de la vessie (paroi vaginale antérieure) — souvent associée à des fuites urinaires
- Le prolapsus utérin : descente de l’utérus dans le vagin
- La rectocèle : protrusion du rectum vers le vagin — provoque des difficultés à déféquer
- L’entérocèle : descente de l’intestin grêle dans la cavité vaginale
- Le prolapsus de la voûte vaginale : peut survenir après une hystérectomie
Ces types coexistent fréquemment chez la même patiente — c’est pourquoi le bilan doit toujours évaluer les trois compartiments (avant, central, arrière).
Pourquoi un prolapsus se développe-t-il ?
Les principales causes sont :
- L’accouchement vaginal : c’est le premier facteur de risque, par distension et parfois lésion des muscles et ligaments pelviens
- La ménopause : la chute des œstrogènes fragilise les tissus de soutien
- Le vieillissement : perte progressive d’élasticité musculaire
- L’obésité : pression abdominale chroniquement augmentée
- La constipation chronique : les efforts répétés traumatisent le périnée sur le long terme
- La toux chronique (tabac, asthme) : surpression abdominale répétée
- Une hystérectomie antérieure : peut déséquilibrer les structures de soutien
Comment reconnaître un prolapsus ?
Le signe le plus caractéristique est la sensation d’une boule ou d’une pesanteur dans ou à l’entrée du vagin, qui s’aggrave en position debout ou en fin de journée, et diminue en position allongée.
D’autres symptômes peuvent apparaître selon les organes concernés :
- Fuites urinaires ou difficultés à uriner
- Difficultés à déféquer, constipation
- Gêne ou douleurs pendant les rapports sexuels
- Douleurs lombaires aggravées en fin de journée
- Dans les stades avancés : masse visible à l’entrée du vagin
Un prolapsus peut aussi être totalement asymptomatique et découvert lors d’un examen gynécologique de routine.
Les traitements disponibles
Le prolapsus ne disparaît pas seul — mais il ne nécessite pas toujours une chirurgie. Le traitement dépend du stade, des symptômes et de la situation de vie de chaque femme.
Traitements non chirurgicaux :
- Rééducation périnéale : traitement de référence pour les stades légers à modérés, réalisé par un kinésithérapeute ou une sage-femme spécialisé(e)
- Le pessaire : dispositif médical en silicone inséré dans le vagin pour soutenir les organes. Efficace, discret, et très sous-utilisé en France par rapport aux pays anglo-saxons
- Modifications du mode de vie : perte de poids, traitement de la constipation, arrêt du tabac, adaptation des activités physiques
- Œstrogènes locaux (en ménopause) : améliorent la tonicité des tissus vaginaux et périnéaux
Traitement chirurgical :
Lorsque les symptômes sont invalidants et résistants aux traitements conservateurs, la chirurgie peut être indiquée. Elle se réalise le plus souvent par voie vaginale ou coelioscopique — des voies mini-invasives qui permettent une récupération rapide.
Pour une présentation complète de toutes les options thérapeutiques, des stades du prolapsus et du parcours de prise en charge au Centre Résilience, consultez notre guide dédié à la descente d’organe prise en charge spécialisée.
Quand consulter ?
Vous n’avez pas besoin d’attendre que les symptômes soient invalidants pour consulter. Un bilan précoce permet d’agir avant que le prolapsus ne s’aggrave — et d’éviter parfois d’en arriver à la chirurgie.
Consultez si vous ressentez une pesanteur pelvienne, des fuites urinaires, des difficultés à la défécation ou toute gêne dans la région vaginale qui altère votre quotidien.
Centre Résilience — Aix-en-Provence
Unité Prolapsus et Incontinence Urinaire
→ Prendre rendez-vous
Rédigé par le Dr Christine Lévêque, chirurgienne gynécologue spécialisée au Centre Résilience, Aix-en-Provence. Dernière révision médicale : 09/26
